Ange ou étoile?

Que doit-on mettre au sommet du sapin? Une étoile ou un ange? Les avis sont divisés. Certains choisissent l’étoile symbolisant celle qui a guidé les mages vers Jésus naissant, d’autres optent pour l’ange qui rassura les bergers.

Après avoir lu ce récit véridique, à vous de voir!

Il était une fois, au Pôle Nord, un Père Noël qui ne savait plus où donner de la tête.

Les lutins menacent de faire la grève. Ils n’en peuvent plus du besoin accru en jouets électroniques qui exigent des diplômes et des compétences sans fin et de ces pièces cassantes en plastique de qualité dite «abordable». Le département de l’emballage a, depuis quelques semaines, dépassé les budgets parce que, pour économiser, les nouveaux papiers sont plus minces qui déchirent juste à les regarder sans parler de ses couleurs écologiques… le rouge est rose… une couleur pour Pâques pas pour Noël!

Du côté de l’écurie, un renne a été récemment diagnostiqué intolérant au gluten. En ce temps de festivité, il est incapable de résister à la bûche et aux beignes. Résultat? Aucun renne ne veut être attelé derrière lui, ni suivre Rudolph, le petit chouchou de la Mère Noël à qui elle passe tous ses caprices.

Au bureau, le lien internet fait des caprices et le téléchargement de la liste des enfants sages et désobéissants n’en finit plus d’entrer. Madame Noël, en espérant activer les choses, a cherché des solutions sur des forums douteux et a peut-être vérolé le système informatique nordique. Elle a de plus en plus de ces pulsions qui placent le Père Noël dans des situations difficiles.

Dans le bon vieux temps, c’est par la poste que les demandes des enfants arrivaient! Ça, au moins, ça se rend, comme en témoignent ces lettres de mise en demeure des parents… Un recours collectif est intenté pour le brave homme: l’an dernier, ses patins de traineau auraient eu besoin d’un bon «dérouillage». Le temps a manqué aux lutins mal planifiés. Chaque atterrissage a causé des dégâts aux tuiles des toits. Le problème est entre les mains de son avocat qui tente de faire entendre raison aux assurances. C’est pas gagné…

Quelques jours plus tôt, sa femme a voulu se dorloter au spa, mais elle a mal géré les bains chauds et froids. Résultat: un rhume carabiné. La nuit, elle ronfle, empêchant Père Noël de se reposer. Son nez bouché lui fait manquer sa cuisine habituellement si délicieuse, à en juger par la bonhommie de son mari. Quoi que… il aurait été bien qu’il perde un peu de poids. Le dernier entretien de son costume fut une catastrophe. Sa femme a mis de l’eau de Javel qui a transformé son ensemble rouge en peau de vache rose et blanche. Elle a demandé à Google comment récupéré la situation et elle a vu que la sécheuse était indiqué. La peau de vache est devenue une peau de veau.

Tous ces soucis donnent un mal de bloc géant au généreux vieillard qui n’en peut plus de cette suite interminable de tracas. En farfouillant dans sa pharmacie à la recherche d’analgésique, il entend gratouiller à sa porte. «Quoi cette fois?» Il martèle le sol en se dirigeant vers ce gêneur, attrape la poignée, la tourne et tire vers lui le battant d’un coup théâtral en éructant un: «QUOI?» qui aurait assagi une école entière pour toute une demie-journée.

Devant lui, un ange resplendissant, tenant à la main un magnifique conifère et qui lui demande d’une voix douce:

  • Ô, bon Père Noël. Voici l’arbre éternellement vert que vous m’avez demandé. Cette année, où voulez-vous que je l’installe?

Frisant l’apoplexie, M. Noël hurle:

  • Ton sapin, là, tu peux ben …

Et depuis ce jour, la tradition veut qu’on place un ange au-dessus de l’arbre.

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